Fin de saison

Notre dernier article date de la rentrée 2018… Bon, on avoue : on n’a pas vraiment réussi à tenir notre promesse d’alimenter ce blog régulièrement ! (Nous sommes plus actives sur notre page Facebook à ce niveau). Il faut dire aussi que cette année a été très dense. Petit retour sur une sacrée saison :

-Le 1er octobre a été marqué par l’arrivée de Suzy Gournay au poste de chargée de production et de diffusion à temps plein. Un sacré pas en avant pour les Nouveaux Ballets ! Nous sommes vraiment très heureuses de cette arrivée qui au-delà de nous décharger de certaines tâches, nous permet d’entrer en dialogue avec une super personne sur nos projets en cours ou à venir.

Suzy Gournay, c’est elle : voilà !

-2018-2019 a aussi été une saison marquée par des créations : pas moins de 2 créations pour Amélie Poirier. « Le Madisoning » créé en octobre avec la Compagnie de l’Oiseau-Mouche : une pièce performative où pendant près de 30 min les comédien.nes de la compagnie exécutent la rythmique du madison dans le bas du corps et des mouvements provenant d’autres danses de fêtes de famille dans le haut de corps, le tout, selon différentes géométries spatiales. (Essayez chez vous d’exécuter le rythme du Madison avec vos pieds + la Macarena en même temps avec vos bras : bon courage !) Les cerveaux ont fumé pendant la création, mais les comédien.n.es de l’Oiseau-Mouche ont réussi avec brio cette performance, ils/elles peuvent en être fièr.e.s. A noter que la pièce se conclut par un bal participatif qui a fait fureur dans les salles des fêtes de la métropole lilloise à l’automne, à l’occasion des Belles Sorties ! Cette pièce sera de retour en Région la saison prochaine. Puis, autre défi avec la création de « DADAAA » pour la petite enfance, à partir de 2 ans. (Faut croire qu’Amélie Poirier aime les défis à relever). Résultat : un spectacle loin des stéréotypes habituels propre à la création pour le très jeune public et une très belle tournée en perspective qui a bien débuté cette saison avec 25 dates en moins d’un mois, dont la création au TJP/ CDN de Strasbourg qui nous a offert sa confiance pour une belle série de 13 dates en début de parcours et ça nous a bien aidé à faire naître ce spectacle (y a pas de secret).

Le Madisoning / Cie de l’Oiseau-Mouche, Amélie Poirier
DADAAA (2 ans et +) / Amélie Poirier

-Côté création, le Junior Ballet n’était pas en reste cette saison puisque Clémentine Vanlerberghe a créé en binôme avec Fabritia d’Intino la pièce « Plubel » en mars dernier à l’occasion du festival le Grand Bain au CDCN le Gymnase à Roubaix. Un quatuor chorégraphique épuré dont le travail a été salué. Un extrait de la pièce sera d’ailleurs présenté à la rentrée au Théâtre de la Ville à Paris et au Sadler’s Well à Londres suite au concours Danse élargie (c’est un peu la classe quand même, surtout pour une première création !). >> Oui c’est l’été, on a décidé de s’envoyer quelques fleurs après avoir autant travaillé durant toute la saison. Sophie Mayeux du Junior Ballet a elle-aussi créé sa pièce « Die Verwandlung » à l’occasion d’une belle tournée aux Pays-Bas en lien avec la maison de production De Neuw Oost qui l’accompagne également. Une pièce singulière à la croisée de la danse et des arts de la marionnette qui mérite d’être vue (y compris par le jeune public à partir de 8 ans). L’enjeu de la saison prochaine : rendre visible le travail de Sophie en France, qui bénéficie déjà d’une belle visibilité aux Pays-Bas. Ce sera d’ailleurs le cas en début de saison ! La plasticienne Audrey Robin a elle-aussi démarré fort sa saison avec une exposition de 2 mois à Dunkerque dans le cadre du F Tour organisé pour les 10 ans de Fructôse qui l’accompagne également. Une première version de son installation « The House of Michel » (autour du chanteur Michel Sardou : oui, oui !) y a été présentée et a attisé la curiosité du public (sans blague). A présent, Audrey souhaite aller plus loin dans cette installation et va travailler la saison prochaine à une version 2. Et enfin Marion Sage, a préparé sa prochaine création « Grand tétras » en présentant une étape de travail à l’occasion du dernier festival Vivat la danse à Armentières. Un univers poétique où Marion fait se rejoindre ses connaissances théoriques sur le danseur Jean Weidt tout en s’émancipant de ce matériel chorégraphique. La création est prévue en 2020.

-Côté Junior Ballet, toujours, en collaboration avec Suzy Gournay, l’enjeu était ici de travailler à la structuration des compagnies qui portent le travail des artistes en question. 3 compagnies ont donc vu le jour cette saison (et une saison, ça n’était pas de trop pour travailler à cette structuration). A un moment donné, il n’était plus possible pour les Nouveaux Ballets de porter autant de productions déléguées, surtout quand tout le monde désire créer la même année. D’autant plus qu’une compagnie ne peut adresser qu’une seule demande de subvention aux différents financeurs par an (sauf cas particuliers). Cela revient à sacrifier certains projets et nous ne souhaitions pas avoir à faire ces choix. Il est important que chaque artiste, en discussion avec la chargée de production conserve son libre arbitre de ce point de vue. A présent : CATSANDSNAIL porte le travail de Clémentine Vanlerberghe (comprendre : l’agilité du chat et la capacité de détente de l’escargot : la pratique somatique n’est ici pas très loin !), la Cie Matesznick porte le travail de Sophie Mayeux (en polonais, il est ici question de territoires forestiers lointains et inexploités) et la Cie Nunavik porte celui de Marion Sage (en inuit cette fois-ci, Nunavik signifie « l’endroit où vivre »). On le confesse : tout ça n’est pas très facile à prononcer, mais vous avez tout l’été pour vous entrainer. Autre info propre au Junior Ballet : celui-ci se définit depuis le départ comme une succursale de laquelle les artistes émergentes sont progressivement amenées à s’émanciper. A cet égard, Marion Sage, accompagnée jusque là, nous quitte pour rejoindre dès la saison prochaine le projet du Ballet du Nord / CCN de Roubaix et passera donc de notre petite fumisterie à l’institution. (Un bel envol en perspective avec l’équipe de Sylvain Groud qui oeuvre à rendre la danse accessible à tous et à toutes). Chaque année apporte bien sûr son lot de questionnements et il est nécessaire que le Junior Ballet demande à se redéfinir saison après saison en regard des Nouveaux Ballets eux-mêmes. Désormais, Amélie Poirier, à l’origine du Junior Ballet souhaite accompagner des artistes (se définissant comme femmes -cisgenre ou transgenre-, même si actuellement seules des personnes se définissant comme cisgenres sont accompagnées au sein de la structure) dont le travail se trouve à la croisée entre la danse et les arts de la marionnette ou allant dans le sens des pratiques performatives. (Et on se dit aussi que 3 artistes à accompagner c’est déjà beaucoup de travail, donc pour le moment, étant donné nos moyens humains, nous n’irons pas au-delà).

-Côté territoire, les Nouveaux Ballets ont bénéficié cette saison d’une résidence d’implantation de la Région Hauts-de-France dans le caudrésis-catésis. Beaucoup d’actions ont été mises en oeuvre : résidences de création in-situ en milieu scolaire, diffusion de spectacles en lien avec des actions de médiation et de la pratique artistique, mise en place d’une résidence « danse, matières et textiles » menant à la réalisation de gestes artistiques avec des scolaires pour palier au fait qu’il n’y ait pas de CLEA sur ce territoire etc. Pourtant, nous sommes déçues que les politiques ne se saisissent pas de ces enjeux. Nous percevons un désintérêt pour la culture sur ce territoire et peu nombreux sont celles et ceux qui nous facilitent la tâche (et c’est inquiétant, quand on constate à quel point l’étaux se ressert sur de nombreux territoires). Néanmoins, nous pensons, qu’il est nécessaire que nous continuions à lutter contre cette inégalité territoriale (notamment à la lecture des derniers articles parus sur « la malnutrition culturelle »), mais cela ne peut pas se faire sans les politiques. Pour la saison prochaine, nous allons donc redoubler d’efforts pour nous adresser à ces personnes et surtout tenter de créer un événement plus concentré dans le temps qui nous permettra de pouvoir mieux communiquer à une plus large échelle. On espère que la Région et le Département nous soutiendrons dans cette démarche, en travaillant à nos côtés à la formation des élu.e.s dans le domaine de la culture. A suivre donc !

Pratique artistique au collège d’Avesnes-Les-Aubert

-Côté Junior Ballet et territoires, on constate que dès qu’il y a une volonté politique, les choses deviennent soudainement extrêmement fluides ! (Et observer ça, nous a bien aider à nous rendre compte des difficultés politiques côté caudrésis-catésis et du désintérêt propre à ce territoire). Par exemple : la Cie CATSANDSNAILS qui porte le travail de Clémentine Vanlerberghe a été sollicitée par l’agglomération de Montreuil et le département du Pas-de-Calais pour mener à bien des actions de sensibilisation en lien avec de la diffusion sur ce territoire. Pourtant, il s’agit d’une compagnie émergente… Du côté de la compagnie Matecznik basée dans l’Oise, qui porte la recherche de Sophie Mayeux, un projet est en cours de développement sur ce territoire… A suivre donc ! Ces réflexions font écho à la rencontre régionale à laquelle nous avons participé récemment au festival d’Avignon sur la thématique « l’artiste émergent et le territoire ».

Résidence « danse, matières et textiles » au collège Caudry

-Enfin, notre fin de saison (une fois les tournées terminées) a été marquée par des partages de rôles : Pauline Prato qui a remplacé une danseuse indisponible sur la pièce « Plubel » de Clémentine Vanlerberghe et Fabritia d’Intino. Le contre-ténor Sylvain Manet qui reprend un rôle dans DADAAA d’Amélie Poirier en alternance avec Mathieu Jedrazak et la danseuse Jessie-Lou Lamy-Chappuis qui sera également en alternance avec la marionnettiste Marta Pereira (bien occupée la saison prochaine sur « l’écho des creux », prochaine création de Renaud Herbin/TJP, CDN de Strasbourg, on lui souhaite beaucoup de plaisir).

-En juillet, outre la préparation de notre projet européen ERASMUS + autour de la place des femmes dans le spectacle vivant en lien avec 3 partenaires italien, espagnol et néerlandais, il y a eu la préparation de notre carte blanche à la gare St Sauveur qui aura lieu du 20 au 22 septembre prochain autour de la thématique du matrimoine et quelques jours à Avignon, pour une table ronde régionale à laquelle nous avons participé, des rencontres, des RDV en vue de nos prochaines créations pour 2021. A suivre donc !

Un nouvel exemple de notre charte graphique audacieuse
! 🙂

-Au programme de la saison prochaine : des tournées, des artistes en formation, le développement de nouveaux partenariats en France et à l’étranger, des montages de production pour nos prochaines créations, des présences sur les territoires etc. De quoi bien s’amuser !

C’était pas trop long ? 🙂 Gros bisous et bel été.

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